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Prof. Jules Bernard Luys — La Fascinazione Terapeutica alla Charité/fr

Da Wiki Progetto di Ricerca Metodo Paret.
🏥 Fonte primaria: opere del Prof. Jules Bernard Luys (1828-1897)
Questa pagina deriva dalle opere e dalle ricerche sperimentali del Prof. Jules Bernard Luys (1828-1897) — neurologo francese, medico capo del manicomio dell'ospedale della Charité di Parigi, autore di studi neuroanatomici fondamentali (l'omonimo «corpo di Luys» del cervello — il nucleo subtalamico — è una sua scoperta), e tra i principali sperimentatori scientifici della fascinazione magnetica e dell'ipnotismo medico nel tardo Ottocento parigino. Luys è uno dei pochi medici accademici di alto rango ad aver verificato sperimentalmente, su pazienti psichiatrici, i fenomeni della fascinazione di Donato.

Documenti Drive ISI-CNV:

  • 📁 Folder luys fascinazione — cartella Drive ISI-CNV con i materiali Luys, le ricerche alla Charité e gli articoli sulla fascinazione medica.

Opere chiave di Luys (riferimento):

  • J.-B. Luys, Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal, Paris, Baillière, 1865.
  • J.-B. Luys, Le cerveau et ses fonctions, Paris, Baillière, 1876.
  • J.-B. Luys, Les émotions chez les sujets en état d'hypnotisme, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1887.
  • J.-B. Luys, Leçons cliniques sur les principaux phénomènes de l'hypnotisme dans leurs rapports avec la pathologie mentale, Paris, Carré, 1890.
  • J.-B. Luys e G. Encausse (Papus), Du dédoublement des opérations cérébrales et du rôle isolé de chaque hémisphère dans les phénomènes de la pathologie mentale, 1888.

Le Prof. Jules Bernard Luys (Paris 1828-1897) est le neurologue français qui, à l'Hôpital de la Charité de Paris, mène entre 1886 et 1897 les recherches les plus systématiques sur la fascination comme méthode thérapeutique. Membre de l'Académie de Médecine, déjà découvreur du noyau sous-thalamique (le « corps de Luys » porte encore son nom), Luys s'est distingué en créant une véritable école de la fascination thérapeutique — une troisième voie entre l'école de Charcot (Salpêtrière) et celle de Bernheim (Nancy).

Sources primaires Drive ISI-CNV :

Gallica BnF (accès libre) :

Le tableau historique : « Les Fascinés de la Charité »

File:Les fascinés de la Charité Moreau de Tours 2804.JPG
Les Fascinés de la Charité de Georges Moreau de Tours (1890). Au premier plan, les femmes en état de fascination ; à droite en haut, le Dr. Luys avec ses assistants ; au centre, le miroir rotatif. Musée des Beaux-Arts de Reims. Domaine public.

En 1890, le peintre Georges Moreau de Tours (fils du psychiatre Jacques-Joseph Moreau de Tours) peint la scène réelle de la salle Louis de l'Hôpital de la Charité lors d'une séance de fascination. Le tableau est aujourd'hui conservé au Musée des Beaux-Arts de Reims et est considéré comme le document visuel le plus important de la fascination thérapeutique du XIXe siècle — l'équivalent, pour l'école de Luys, de la célèbre « Leçon clinique à la Salpêtrière » de Brouillet pour Charcot.

On y voit : les patientes en état de fascination dans diverses postures cataleptiques ; le miroir rotatif au centre de la pièce ; le Dr. Luys et son assistant Gerard Encausse (« le magicien Papus ») en arrière-plan à droite.

Les planches photographiques originales de Luys (1890)

Les photographies originales de Luys tirées du livre « Hypnotisme expérimental » (Paris : Baillière, 1890) sont les premières photographies scientifiques systématiques des états émotionnels induits par l'hypnose. Toutes représentent la patiente Esther de la Charité — la même personne photographiée le même jour avec des substances différentes, démontrant comment l'état hypnotique permet d'induire des émotions complètement opposées.

Les 28 planches photographiques originales couvrent systématiquement : états normaux et hypnotiques en comparaison, états émotionnels opposés (terreur/joie), effets de différentes substances (essence de thym, poivre, valériane, morphine, atropine, strychnine, alcool, haschisch), états léthargiques et somnambuliques.

La méthode : le miroir rotatif

La grande invention technique de Luys pour la fascination de groupe est le miroir rotatif (miroir tournant en forme de tête de bois nickelée, mû par un mécanisme d'horlogerie). Luys le décrit dans la Revue d'Hypnologie :

« Ces appareils, qui représentent avec des modifications appropriées le miroir aux alouettes, sont de véritables hypnotiseurs infatigables, qui peuvent prolonger leur action fascinatrice pendant un temps plus ou moins long. Ils deviennent ainsi des agents recruteurs qui font tomber dans le domaine de l'hypnotisme un certain nombre de sujets qui auraient échappé à l'action du regard même très prolongé. »

Avantages du miroir rotatif par rapport à la fascination par le regard direct :

  • Permet de fasciner **plusieurs personnes simultanément** (le groupe sur la photo du document compte huit personnes)
  • Agit sur les sujets les plus difficiles qui résistent au regard direct
  • Ne nécessite pas la présence constante de l'opérateur
  • Peut être prolongé indéfiniment
  • S'applique aussi bien aux hommes qu'aux femmes, aux jeunes qu'aux personnes âgées

La trilogie de la fascination : anesthésie, catalepsie, suggestibilité

Luys définit la fascination comme un état caractérisé par trois signes simultanés — sa « trilogie caractéristique » :

1. Anesthésie complète et instantanée : « Dès que le sujet a été immobilisé sur place par un objet brillant, la sensibilité disparaît instantanément sur la surface des téguments cutanés et des muqueuses. Sur le bord des lèvres, au niveau des orifices des narines, sur les conjonctives, on peut effectuer des chatouillements, des piqûres, le sujet ne réagit pas, n'accuse aucune réaction. On peut faire un pli à la peau et la traverser avec une épingle, il ne manifeste aucune douleur ; on peut appliquer un morceau d'amadou allumé sur l'avant-bras, il n'accuse aucune sensation. »

2. Catalepsie : Les sujets maintiennent les positions imposées avec la même facilité que la catalepsie du grand hypnotisme. « Ils sont malléables selon la volonté de celui qui les dirige, et présentent avec la même expression les poses théâtrales, les gestes d'imitation qui leur sont imposés. » L'expression caractéristique est la **stupeur profonde** — le reflet de l'émotion subite et instantanée dans laquelle ils ont été plongés.

3. Suggestibilité complète : « Les fascinés non seulement sont suggestibles, mais dotés d'une crédulité complète, ce qui les rapproche en ligne directe des sujets en période de somnambulisme lucide. On peut développer chez eux des hallucinations et des illusions, leur faire changer de personnalité, les transporter mentalement dans un lieu imaginaire. Ils acceptent de manière positive toutes les affirmations les plus erronées, et leur esprit, aussi malléable que leurs muscles, accepte toutes les directions qui lui sont données. »

Cas cliniques résolus par la fascination à la Charité

Le Bulletin Mensuel de la Clinique Hypnothérapique de la Charité (décembre 1889, Revue d'Hypnologie) documente les cas en traitement dans la Salle Louis (hommes) et la Salle Andral (femmes) :

Salle Louis (hommes)

Monoplégie brachiale (monoplégie du bras chez un sujet neuropathique et alcoolique) : sorti guéri le 20 décembre. Traitement par fascination.

Paralysie agitante (Parkinson) : « Guérison maintenue depuis dix mois. L'observation de ce malade a été présentée à la Société Médicale des Hôpitaux. » Traitement avec les miroirs rotatifs.

A. Épileptique : « Guéri il y a 18 mois de crises fréquentes d'épilepsie par la fascination. Récidive après une peur il y a trois mois. À l'entrée, le malade avait trois crises violentes par jour. Les crises ont presque complètement disparu, elles sont devenues de courte durée. » Traitement par fascination tous les quatre jours.

H., 18 ans, saturnin avec hémianesthésie et hémiplégie : Sorti guéri. Traitement par fascination.

N° 28 — Tremblement d'origine mercurielle chez un miroitier, avec surdité concomitante : « Amélioration très notable du tremblement et guérison de la surdité. » Fascination et transfert.

N° 31 — Névralgie cubitale gauche chez un jeune sujet, avec impossibilité d'utiliser la main. « Emploi sans succès pendant un mois de tous les moyens habituels : points de feu, siphon au chlorure de méthylène, électricité. Aucune amélioration. Le transfert est employé sans que le malade soit fasciné et instantanément il sent la douleur disparaître. La douleur réapparaît le soir, et avec des séances quotidiennes on obtient une amélioration progressive. »

N° 32 — Tic chronique des muscles du cou avec rotation automatique de la tête : « Guérison par les miroirs, durée 6 mois. Récidives à la suite de fatigues, et amélioration quasi instantanée par le transfert et surtout l'aimant. »

N° 27 — G., 19 ans, épileptique morphinomane et vertigineux : « Guérison instantanée par une suggestion transférée d'un sujet hypnotique d'une conception délirante dans laquelle le malade, en proie à l'idée d'empoisonnement, refusait de s'alimenter. Pendant trois jours, il ne voulut rien prendre. L'idée me vint (mes suggestions personnelles étant complètement sans effet) de lui faire suggérer de manger par un sujet mis en état d'hypnotisme, qui jouait le rôle d'agent de transfert. Ce procédé réussit à merveille : le sujet, une fois reçue la suggestion de son partenaire, se réveilla brusquement, dit qu'on voulait l'empoisonner, fut convaincu qu'il n'en était rien et qu'il devait se mettre à manger. Ma stupéfaction fut grande de voir le malade immédiatement se jeter sur une tasse de lait et un morceau de pain qui avaient été préparés à côté de lui. »

N° 29 — Tremblement de la main gauche : « Amélioration très notable par fascination et transfert : la force dynamométrique qui, il y a trois semaines, marquait à la main gauche 11 kg, marque actuellement 28 kg. À droite, elle était à cette époque de 32 kg et actuellement elle est remontée à 44 kg. Il a gagné en tout 29 kg de puissance de pression. »

N° 30 — Vig., paralysie agitante à la suite d'une peur, chez un homme de 48 ans : « Sorti guéri, pouvant travailler, après 2 mois. »

Salle Andral (femmes)

N° 13 — Sujet hypnotique simple, 18 ans : « Grande pâleur verdâtre du visage sans décoloration des lèvres. Aménorrhée depuis plusieurs mois. On lui a donné la suggestion d'avoir ses règles à un moment donné, et les règles sont arrivées dans les limites prescrites. »

Blépharospasme de l'orbiculaire des paupières chez une jeune fille de 18 ans : « L'action des miroirs rotatifs a peu à peu amené la décontracture de l'orbiculaire ; les paupières commencent à s'ouvrir, et après 15 jours de traitement la malade est déjà très notablement améliorée. »

E. — Grande hystérie avec crises convulsives laissant des contractures de tremblement, mutisme et cécité : « Cette malade est très fréquemment employée dans mon service à faire des transferts, et chose très surprenante, depuis ce moment son état s'est très notablement amélioré. Les crises ont diminué de fréquence et d'intensité. »

Jeune femme avec hémiplégie droite probablement due à une tumeur cérébrale : « Depuis trois semaines, le transfert a produit chez elle une amélioration très notable. Elle a récupéré des forces du côté gauche ; et du côté droit la puissance dynamométrique acquise par ce procédé est mesurée quotidiennement. Elle s'est maintenue pendant 10 jours de façon permanente. Elle a ainsi acquis 1 kg de chaque côté. »

Le cas le plus extraordinaire : accouchement sans douleur en état de fascination

Le Dr. De Grandchamps publie dans la Revue d'Hypnologie le récit d'un cas exceptionnel :

Ernestine B., 17 ans, blanchisseuse, entre à la Charité le 29 décembre 1888 enceinte de cinq mois, anémiée, jamais hypnotisée. Luys commence les séances avec le miroir rotatif pour améliorer son état général :

« La médication ne tarda pas à produire les meilleurs effets. Les couleurs et le teint réapparurent ; l'appétit et le sommeil étaient excellents ; toutes les fonctions s'exerçaient à souhait. »

Au moment de l'accouchement (1er mai 1889), alors que le travail est déjà en cours avec de fortes douleurs, Luys la fascine :

« Je suggérai aussitôt de s'aider, de pousser vigoureusement quand la contraction se produirait, mais de ne plus sentir la douleur. Dès lors, les efforts d'expulsion se manifestèrent avec énergie, mais la patiente ne criait plus. Je dis à la patiente : "Tu auras envie de pousser chaque minute." L'ordre fut exécuté, et de minute en minute un effort se produisait, suivi d'une période de repos. Ces poussées méthodiques et régulières ne tardèrent pas à amener la tête à la vulve. »

Au réveil, après un quart d'heure : « La mère se réveilla absolument inconsciente de ce qui s'était passé. Sa première parole fut : "Où est passée mon ventre ?" On lui montra le bébé dans le berceau et elle fut très surprise de se voir ainsi délivrée sans avoir ressenti la moindre douleur. »

Le bébé pesait 3,800 kg. Les suites de couches furent normales. Luys avait déjà obtenu le même résultat avec trois autres femmes.

Le cas de l'hémianesthésie guérie

Dans la description de la fascination publiée dans la Revue d'Hypnologie, Luys cite le cas de David (voir Pl. I, fig. 1 et 2 de la Revue) :

« Je lui dis, comme je l'ai fait pour David, qui depuis plusieurs mois était atteint d'une hémianesthésie de tout un côté, qui avait résisté à tous les traitements usuels : "À ton réveil, tu ne seras plus insensible sur tout un côté du corps." La suggestion fit effet, et devant de nombreux témoins, j'ai pu, en rétablissant le retour de la sensibilité, réaliser une guérison véritablement miraculeuse. »

La méthode du transfert

Luys ne se limite pas à la fascination directe. Dans la Revue, il documente la méthode du **transfert** — la transmission d'un état pathologique d'un côté à l'autre du corps (ou entre deux sujets différents) par l'aimant (aimant) :

« Chez un sujet hypnotique frappé de contracture, d'hémianesthésie, de paralysie flasque de tout un côté du corps — on peut faire passer cette hémianesthésie, cette contracture, cette paralysie flasque du côté opposé ; c'est un véritable transfert d'un état morbide. »

La méthode sera appliquée aux cas cliniques dans le Bulletin : le tremblement de la main, la névralgie cubitale, la paralysie agitante — beaucoup résolus en combinant fascination et transfert.

Luys dans la généalogie ISI-CNV

Luys représente le lien entre Donato et la médecine clinique appliquée. Là où Donato démontrait la fascination au théâtre, Luys l'amène à l'hôpital et la systématise comme thérapie avec des protocoles, une documentation des cas, des mesures dynamométriques. Les principes que Luys utilise — anesthésie instantanée, suggestibilité en pleine veille, modification des fonctions physiologiques — sont les mêmes que Paret a développés dans la compréhension thérapeutique de la fascination.

La note en bas de page de la Revue dit explicitement : « Il est curieux de noter du point de vue de l'histoire de la science, que cet état de fascination que nous considérons volontiers comme une nouveauté, est au contraire connu depuis longtemps et quotidiennement utilisé par les magnétiseurs dans les séances publiques d'hypnotisme. Les sujets qu'ils exhibent ainsi en public ne sont la plupart du temps que des sujets simplement fascinés. »

Sources primaires

  • J. Luys, Leçons cliniques sur les principaux phénomènes de l'hypnotisme, Georges Carré, Paris 1890 : Drive ISI-CNV, Gallica
  • J. Luys, Hypnotisme expérimental — Les émotions dans l'état d'hypnotisme, Baillière, Paris 1890 : Drive ISI-CNV, Gallica
  • Revue d'Hypnologie théorique et pratique, dir. J. Luys, 1890 : fasc. 1-50, fasc. 51-150

Voir aussi


Donato e la Fascinazione — Navigazione ISI-CNV

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