Il Fascinum — Storia ed Etimologia della Parola 'Fascinazione'/fr
La parola «fascination» a une histoire longue et stratifiée que Seligmann analyse avec rigueur philologique. Ses racines révèlent la compréhension ancienne du phénomène.
Source : Seligmann, Vol. 2, p. 201 — Drive ISI-CNV
Les racines grecques et latines
Seligmann rapporte trois étymologies proposées pour le latin « fascinum » :
- De φάσκειν (phäskein) = dire, affirmer, se vanter → la racine du mot serait dans le pouvoir de la déclaration verbale
- De βασκαίνειν (baskainein) → qui signifierait « φάσει καίνειν » (phasei kainein) = **tuer avec les yeux**
- Racine indo-européenne liée au terme général pour lien/sortilège
La deuxième étymologie est la plus puissante : fascinare dérive de « tuer avec les yeux ». Pas une métaphore — une définition opérationnelle.
Le fascinum comme amulette et comme arme
Paradoxalement, le même mot désignait à la fois le phénomène (la fascination, l'envoûtement du regard) et son antidote principal : le **phallus** (« fascinus »). Le phallus comme amulette contre le mauvais œil était omniprésent dans l'antiquité romaine.
Seligmann note : « Das Wort fascinum hat dann noch eine andere Bedeutung; es wird nicht nur als Bezeichnung für "Behexung, Beschreiung" gebraucht, sondern auch für ein Mittel gegen diese Art der Zauberei, das sehr häufig angewendet wurde, nämlich für das männliche Glied. »
Le même mot désigne l'arme et le remède — comme le poison qui à petites doses guérit.
De la fascination à l'hypnotisme
L'histoire du terme révèle la chaîne conceptuelle :
- **Fascinum** (Rome antique) → magie du regard + phallus protecteur
- **Fascinatio** (Moyen Âge) → envoûtement oculaire général
- **Fascination** (XVIIIe siècle) → chez Mesmer et Du Potet : état produit par le regard magnétique
- **Fascination** (1875) → Donato comme innovateur de la méthode : « fascination directe »
- **Fascination** (XIXe-XXe siècle) → état clinique classifié par Luys, Bottey, De Rochas
- **Paret Method** (XXIe siècle) → systématisation contemporaine
Le terme a deux mille ans d'histoire continue — de l'amulette romaine à la clinique parisienne de la Charité.
« Fescenini versus » — les vers obscènes comme protection
Seligmann mentionne les « Fescenini versus » — les vers licencieux et obscènes que les Romains récitaient lors des triomphes et des noces pour protéger le vainqueur/marié de l'envie et du mauvais œil.
La fonction est la même que celle du phallus amulette : la vulgarité délibérée brise l'enchantement de l'admiration envieuse. Le mauvais œil opérait sur l'excellence — rabaisser rituellement l'excellence protégeait de l'effet.
Sources
Voir aussi
- Il Potere dell'Occhio nelle Culture del Mondo — Dr. Seligmann (Die Zauberkraft des Auges)
- Le Origini Storiche del Potere dello Sguardo — Da Babilonia all'EMDR
- Donato — La Fascinazione degli Animali e il Meccanismo Trans-Specie
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