Donato al Cosmopolitan Magazine (ca. 1890) — Autobiografia e Episodi/fr
«Mesmerism: Its History, Phenomena and Present Status» est un article écrit par Donato à la première personne et publié dans le Cosmopolitan Magazine vers 1890. C'est l'un des documents les plus précieux de toute la littérature sur Donato : autobiographique, rédigé en anglais pour le public américain, riche en épisodes spécifiques et en dates introuvables ailleurs.
La version dans les archives ISI-CNV contient également des notes marginales de Marco Paret et de Virgilio — des commentaires opérationnels qui transforment le texte en matériel de formation.
Source Drive ISI-CNV : Article Cosmopolitan avec commentaire Virgilio
Le contexte : Donato à New York
La note éditoriale du Cosmopolitan révèle qu'un membre du personnel du magazine tomba « un soir par hasard au Chickering Hall » où il assista à la démonstration de Donato. Il en resta tellement frappé qu'il l'invita au bureau du magazine, où une séance privée fut organisée dans les galeries photographiques de Mr. Kurtz pour documenter les phénomènes avec la caméra. Les photographies produites ce jour-là (malheureusement, la lumière était faible) accompagnent l'article.
Les témoins : « Plus d'une douzaine de personnes invitées à assister, parmi lesquelles des membres du personnel du Cosmopolitan et des hommes de science, n'eurent pas le moindre doute sur l'authenticité de l'hypnotisme. »
Le récit de la découverte : sa propre voix
Donato raconte à la première personne comment sa découverte naquit de ses qualités caractérielles :
- « Je suis rapide, ardent, impétueux à l'excès. C'est à ces défauts naturels que je dois ma découverte. Sous le domaine d'une fervente impatience, je fis ma première expérience. Les minutes me semblaient des siècles. Ma volonté de finir rapidement, énergiquement exprimée par mon geste et mon regard, impressionna le sujet, qui s'endormit avec une rapidité stupéfiante. »
Puis progressivement : trois minutes, deux, enfin **une seule minute**. Les prédécesseurs nécessitaient 15-20 minutes de passes ; Donato parvient à l'induction en une minute.
La date exacte : « En 1873, époque à laquelle je fus à mon tour initié au mesmérisme par le Chanoine Mouls de Bordeaux... » — confirmant 1873/1874 comme l'année de la rencontre avec Mouls.
La théorie psychologique de Donato expliquée par ses propres mots
Cet article contient l'explication théorique la plus claire jamais écrite par Donato :
- « Le somnambulisme s'expliquait par la suggestion, par la domination d'une volonté forte, et non par l'action d'un fluide ou par la fatigue cérébrale. L'art consistait à capturer l'esprit du sujet, à frapper vivement son imagination, à la séduire, la fasciner ou la soumettre. Le phénomène n'était pas d'ordre physique, ni physiologique ou pathologique. Je devais résoudre un problème psychique. »
La preuve expérimentale qui le convainquit : « Jamais aucun de mes sujets ne s'endormit, quel que soit le processus utilisé, à moins qu'il ne sache que j'avais l'intention de l'endormir. Et inversement, tous les sujets s'endormirent lorsqu'un témoin les persuada que je souhaitais qu'ils dorment, même si j'étais loin et que je ne m'occupais pas d'eux d'aucune manière. »
Conclusion : les phénomènes ne peuvent être attribués à un fluide. La fixité du regard n'endort que les très rares personnes atteintes de conditions spéciales comme l'hystérie — et pour celles-ci, tout stimulus soudain (peur, joie, surprise, bruit) produit le même effet.
Les épisodes biographiques exclusifs
Liège 1874 : la première expérience publique spontanée
- « Un soir à Liège (Belgique) en 1874, dans un café, j'entendis un jeune avocat — M. Cudell — qui niait mon pouvoir et cherchait à me ridiculiser. Indigné et furieux, je me plaçai devant lui, et sans fanfaronnade mais avec une profonde conviction, je lui annonçai que d'un seul regard je le ferais tomber en arrière. Mon audace paralysa son esprit et, cédant au pouvoir de ma volonté, il roula immédiatement à terre. »
C'est la première expérience documentée de fascination instantanée de Donato — née de la colère et de l'indignation, non d'une démonstration planifiée.
Liège : la paralysie de Mademoiselle Léonie
- « Une autre fois, j'assistais Madame Michele (elle aussi à Liège, ma ville natale) qui avait eu un ictus. Sa compagne exprimait des doutes sur l'efficacité de mon pouvoir curatif. Finalement, un peu irrité, je dis : "Mademoiselle Léonie, pour vous prouver mon pouvoir, je paralyserai vos jambes d'un geste. Vous ne pouvez plus marcher." En effet, Léonie, prise de terreur, me supplia de lui rendre l'usage de ses membres. »
Cet épisode illustre le mécanisme psychologique de la fascination : la paralysie naît de l'annonce de la paralysie, non d'une action physique.
Paris 1881 : Mounet-Sully, Sarah Bernhardt et Jules Claretie
Trois des figures les plus célèbres du théâtre français attestent l'authenticité des phénomènes :
Mounet-Sully, le plus grand tragique français de l'époque, après avoir assisté à une séance de Donato, lui écrivit : « Si vos expériences ne sont pas réelles, vos sujets sont des comiques de génie dignes d'être engagés à la Comédie Française ; car ni le grand Talma ni le prodigieux Frédéric Lemaître n'auraient pu les égaler. »
Jules Claretie, directeur de la Comédie Française, fit une déclaration similaire dans le journal Le Temps.
Sarah Bernhardt confessa être incapable de prendre les postures et les expressions extatiques que Donato suggérait à quatre de ses amies lors d'une séance improvisée par la célèbre peintre Louise Abbema.
Bordeaux 1887 : l'avocat et le mouchoir
- « À Bordeaux en 1887, en présence de toute la presse, j'empêchai l'avocat X. (dont j'ai oublié le nom), l'homme le plus robuste de la ville, de soulever un mouchoir. »
Décembre 1886 : la visite à Bernheim à Nancy
Donato visite le docteur Bernheim dans son hôpital de Nancy. Un patient, le regardant fixement, « se jeta sur moi, au grand étonnement du docteur Bernheim et de ses collègues présents ». Bernheim ne réussit pas à répéter l'expérience. Donato commente avec ironie : « Il y a suggestion et suggestion ! »
Il documente ensuite que Bernheim, dans la deuxième édition de son livre sur la suggestion (Paris, Librairie Doin), explique correctement les méthodes de Donato « d'une manière parfaitement conforme à mes idées » — citant textuellement la description de la technique des mains.
Turin 1886 : l'école militaire et les 30 officiers
- « En 1886, à l'école de guerre de Turin, ayant fasciné environ trente jeunes officiers (sur environ 100 qui se soumirent), je les fis exécuter leurs exercices militaires et participer à des combats imaginaires. Je suggérai à l'un qu'il était Garibaldi à Aspromonte ; à un autre qu'il était le général commandant l'école, etc. Ils prirent le maintien, les gestes et les voix, et récitèrent parfaitement les rôles des personnages qu'ils représentaient. »
Détail fondamental sur la limitation de la fascination : « La fascination, comme l'hypnotisme, ne peut donner à personne la connaissance de l'inconnu. » Les sujets interprètent Garibaldi parce qu'ils le connaissent — ils ne peuvent pas interpréter des personnages inconnus.
Ostende août 1887 : la séance pour la Reine de Belgique
- « À la demande de la Reine de Belgique, je donnai une séance au Théâtre d'Ostende le 11 août 1887, à laquelle assista toute la cour. J'avais demandé au commandant de l'école navale de m'amener une vingtaine de cadets avec qui expérimenter, pour écarter tout soupçon de trucage. Cette nuit-là, j'inventai des scènes compliquées de pêche, natation, navigation et naufrage. »
Paris 1882 : le Prince Louis Murat et le Comte Maurice Fleury
- « En 1882 à Paris, il me vint l'idée de faire servir à table le Prince Louis Murat, l'ayant transformé en serviteur par la force de ma volonté. Et j'obligeai le Comte Maurice Fleury, fils du Général Fleury, un jeune homme doux, réservé et timide, à danser un cancan viscéral devant ses amis stupéfaits. »
Iași (Roumanie) : le président du tribunal devant la Reine Natalia de Serbie
- « À Iași (Roumanie), le juge fut trouvé facilement, car je fascinai le président du tribunal en présence de la Reine Natalia de Serbie. »
La confrontation avec Lombroso
Donato dénonce les exagérations du docteur Lombroso (qu'il appelle « le célèbre expert en folie, lui-même fou ») : Lombroso avait affirmé avoir vu une femme hypnotisée lire avec les pieds sans les yeux, avoir fait écrire de la musique à un étudiant qui ne connaissait pas une note, et avoir fait parler allemand correctement à un autre qui ne connaissait pas la langue. Donato découvrit que les deux étudiants cités étaient d'anciens sujets — et qu'ils connaissaient parfaitement la musique et l'allemand. Il ajoute : Lombroso « procédait sans méthode, sans sincérité et avec une brutalité dont les sujets souffraient et se plaignaient ».
L'affaire Luys
Les journaux avaient rapporté les expériences du docteur Luys, membre de l'Académie de Médecine, sur deux femmes hypnotisées qui réagissaient à des médicaments enfermés dans des tubes en verre. Donato les nia énergiquement. Une commission académique les déclara fausses : les deux patientes avaient trompé le docteur Luys.
Milan, Bordeaux, Douai : les avocats transformés en tribunaux
- « Quand je fascinais des avocats, comme à Milan, Bordeaux et Douai, je les faisais tenir des discours politiques, ou bien je composais un tribunal avec juges, accusateurs publics, accusés, etc. »
La théorie sur la sécurité de la fascination
Cet article contient la défense la plus forte jamais écrite par Donato contre les « dangers » de l'hypnose :
- « Hypnotisme, tout-puissant pour le bien, est désarmé pour le mal. Comme fascination et somnambulisme magnétique, il prend sa source dans la confiance, et ne peut exister sans abandon volontaire. Personne ne peut être fasciné ou hypnotisé contre sa volonté. »
Il cite Braid, Bernheim et Brouardel : tous d'accord que les sujets résistent aux suggestions qui contredisent leurs instincts moraux naturels.
La métaphore de l'homme ivre : « Un ivrogne vacille, tombe, semble incapable de comprendre quoi que ce soit. Et puis on crie : "Au feu ! La maison brûle !" — et l'ivrogne est le premier dehors. La peur l'a désintoxiqué. » Aucun magnétisme n'est plus puissant que l'alcool, la passion, la peur — et de ceux-ci on se sauve toujours.
Le rêve de Donato pour l'avenir
L'article se clôt par une vision prophétique :
- « Une grande découverte dans le domaine si peu exploré du mesmérisme nous réserve peut-être la suprême manifestation de l'esprit scientifique du vingtième siècle. Comme l'écrivit Victor Hugo dans un vers sublime : "Le réel est étroit, le possible est immense." Travaillons donc sans vaciller pour repousser les limites du réel et atteindre les limites du possible. »
Les notes opérationnelles de Marco Paret et Virgilio
Le document ISI-CNV contient des notes marginales en italien qui transforment le texte en matériel de formation pratique :
- « Volendo potrei addormentarvi tutti ma poi chi lo vede lo spettacolo. I buoni soggetti sono sensibili e intelligenti (se reagisco male faccio una cattiva figura) » — explique la logique de la sélection dans un spectacle
- « Non arrivano a pensare. Un consiglio: subito coricarne due o tre. Almeno 3. » — la technique de choc immédiat
- « SE TI ADDORMENTO CON LE MANI NON ARRIVI PIU' (spiega che le mani rimarranno incollate). TIRA ADESSO, TIRA ADESSO. Parlare duro. Non le apri più (due o tre volte ripetere) » — script exact pour la suggestion de collage des mains
Anecdotes documentées
Dans l'autobiographie américaine, Donato présente sa propre efficacité comme une question de tempérament plus que de technique apprise : « Je suis rapide, ardent, impétueux à l'excès. C'est à ces défauts naturels que je dois ma découverte. » Il raconte également avoir « interrogé la nature » au lieu de se fier aux livres, citant comme modèle les autodidactes des grandes découvertes. Sur le plan des limites honnêtes du phénomène, il précise que la fascination « ne peut donner à personne la connaissance de l'inconnu » : les officiers qu'il faisait jouer Garibaldi le faisaient parce qu'ils le connaissaient déjà. Et il nie avoir jamais produit des facultés visuelles anormales — il obtint certes une grande finesse tactile chez les bons sujets, « comme les aveugles de naissance », mais « jamais la moindre augmentation des facultés de la vue », se démarquant ainsi des prétentions de double vue.
- Source des anecdotes : Donato, autobiographie sur le Cosmopolitan Magazine, traduction intégrale (Drive ISI-CNV).
Sources
Voir aussi
- Donato — Il Padre della Fascinazione
- La Fascinazione di Donato — Guida Completa al Metodo
- Canonico Mouls — Colui che Scoprì Donato
- Le Magnétisme Expliqué par Donato — Come Tutto Iniziò
- La Fascinazione come Fenomeno Psicofisiologico — Donato e la Scienza
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