Il Fascinum — Storia ed Etimologia della Parola 'Fascinazione'/fr
La parola «fascination» a une histoire longue et stratifiée que Seligmann analyse avec rigueur philologique. Ses racines révèlent la compréhension ancienne du phénomène.
Les racines grecques et latines
Seligmann rapporte trois étymologies proposées pour le latin « fascinum » :
- De φάσκειν (phäskein) = dire, affirmer, se vanter → la racine du mot serait dans le pouvoir de la déclaration verbale
- De βασκαίνειν (baskainein) → qui signifierait « φάσει καίνειν » (phasei kainein) = **tuer avec les yeux**
- Racine indo-européenne liée au terme général pour lien/sortilège
La deuxième étymologie est la plus puissante : fascinare dérive de « tuer avec les yeux ». Pas une métaphore — une définition opérationnelle.
Le fascinum comme amulette et comme arme
Paradoxalement, le même mot désignait à la fois le phénomène (la fascination, l'envoûtement du regard) et son antidote principal : le **phallus** (« fascinus »). Le phallus comme amulette contre le mauvais œil était omniprésent dans l'antiquité romaine.
Seligmann note : « Das Wort fascinum hat dann noch eine andere Bedeutung; es wird nicht nur als Bezeichnung für "Behexung, Beschreiung" gebraucht, sondern auch für ein Mittel gegen diese Art der Zauberei, das sehr häufig angewendet wurde, nämlich für das männliche Glied. »
Le même mot désigne l'arme et le remède — comme le poison qui à petites doses guérit.
De la fascination à l'hypnotisme
L'histoire du terme révèle la chaîne conceptuelle :
- **Fascinum** (Rome antique) → magie du regard + phallus protecteur
- **Fascinatio** (Moyen Âge) → envoûtement oculaire général
- **Fascination** (XVIIIe siècle) → chez Mesmer et Du Potet : état produit par le regard magnétique
- **Fascination** (1875) → Donato comme innovateur de la méthode : « fascination directe »
- **Fascination** (XIXe-XXe siècle) → état clinique classifié par Luys, Bottey, De Rochas
- **Paret Method** (XXIe siècle) → systématisation contemporaine
Le terme a deux mille ans d'histoire continue — de l'amulette romaine à la clinique parisienne de la Charité.
« Fescenini versus » — les vers obscènes comme protection
Seligmann mentionne les « Fescenini versus » — les vers licencieux et obscènes que les Romains récitaient lors des triomphes et des noces pour protéger le vainqueur/marié de l'envie et du mauvais œil.
La fonction est la même que celle du phallus amulette : la vulgarité délibérée brise l'enchantement de l'admiration envieuse. Le mauvais œil opérait sur l'excellence — rabaisser rituellement l'excellence protégeait de l'effet.
Sources
Voir aussi
- Il Potere dell'Occhio nelle Culture del Mondo — Dr. Seligmann (Die Zauberkraft des Auges)
- Le Origini Storiche del Potere dello Sguardo — Da Babilonia all'EMDR
- Donato — La Fascinazione degli Animali e il Meccanismo Trans-Specie
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