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La tradizione cavalleresca come via delluomo al rosso/fr

Da Wiki Progetto di Ricerca Metodo Paret.


La tradition chevaleresque — chivalry en anglais, chevalerie en français, Ritterstand en allemand, cavalleria en italien — constitue, dans la formulation de Julius Evola (Il Mistero del Graal 1937 et Rivolta contro il mondo moderno 1934), l'une des formes opératives principales de l'initiation hermétique occidentale. Ce n'est pas le folklore médiéval des tournois et des écus héraldiques (c'est là le masque extérieur), ni l'idéologie romantique du XIXe siècle de la « chevalerie courtoise » (c'est là sa mythographie populaire). C'est la voie de l'homme au rouge en armes — la discipline initiatique du guerrier qui se transforme en Roi, du Roi qui se reconnaît comme nœud de la chaîne d'or (cf. Alchimia e Magnetismo sect. II), de l'initié qui intègre activement sa propre virilité en la réalisant dans l'esprit.

Pour le cluster du wiki, la page sert de synthèse opérative d'un axe transversal qui traverse de nombreuses pages déjà publiées : les Templiers gardiens du Graal, les Fedeli d'Amore comme « milice gibeline » selon Dante, la Stretta Osservanza Templare du XVIIIe siècle, la Neo-Chevalerie du XIXe siècle, la chevalerie celtique-arthurienne sous-jacente au cycle du Graal, et — point cardinal — le rubedo alchimique lu comme royauté sacrée de l'homme présent (cf. Il Risveglio sect. VIII-bis).

I. La thèse : chevalier = homme au rouge en armes

Point cardinal articulé dans Il Risveglio sect. VIII-bis : le rubedo alchimique = homme présent à lui-même, le Roi-initié. La chevalerie est la forme opérative de cet état — son incarnation historique en armes.

Pour Evola, le couple Roi-chevalier est une seule figure initiatique en deux aspects. Le Roi est l'état accompli, l'intégration atteinte : « non avec celui [l'appellatif] de "Saint", mais toujours avec celui, guerrier, de Roi, est désigné par les "Fils d'Hermès" celui qui a été réintégré par l'Art » (Evola, KRUR 1929, cité dans Evola e Reghini e la Tradizione Ermetica et Il Risveglio). Le chevalier est la phase active qui précède et qui continue la royauté — non comme instrument du Roi mais comme Re-devenir qui s'éprouve continuellement dans les entreprises.

Points distinctifs du chevalier-initié :

  • Virtus + aretè — non pas « vertu morale » au sens dévotionnel mais virilité réalisée (lat. virtus de vir, grec aretè = excellence de l'être). Le chevalier est excellent dans sa fonction — il combat, commande, décide, aime, garde — parce qu'il a intégré sa propre virilité dans l'esprit
  • Sagesse armée — la chevalerie ne sépare pas contemplation et action. Le chevalier agit en contemplant, contemple en agissant. Dans les légendes chevaleresques, les entreprises sont à la fois gestes et initiations
  • Service et royauté — le chevalier sert un Roi (terrestre ou céleste — Arthur, Christ cosmocrator, l'Empereur idéal) mais est aussi Roi en puissance : l'apparent paradoxe est résolu par le fait que la royauté du chevalier est royauté de la Sagesse (cf. le Veltro dantesque : « sapienza, amore e virtute »)
  • La Dame comme accomplissement — la dame du chevalier n'est pas une figure sentimentale du XIXe siècle, elle est la partie transcendante du chevalier lui-même qui l'attend à l'accomplissement de l'œuvre (sect. III de cette page)

II. Les trois typologies évoliennes : Olympique, Héroïque, Titanique

[VÉRIFIÉ] Evola, dans le Mistero del Graal (chap. sur l'Âge du Bronze) et dans Révolte contre le monde moderne, distingue trois types humains fondamentaux de la tradition initiatique, en corrélation avec les quatre âges de la tradition (Or, Argent, Bronze, Fer) :

1. Type Olympique (Âge d'Or)

Le souverain sacré de la tradition primordiale hyperboréenne. Roi-pontife (lat. pontifex = constructeur de ponts entre le divin et l'humain), intégralement vigilant, intégralement royal, intégralement sacerdotal. C'est l'état pur du rubedo sans médiations : le Roi-initié par nature, non par conquête.

Dans les textes mythiques : Krishna dans la Bhagavad-Gītā, le Roi Numa dans la tradition romaine archaïque, le Roi Arthur avant la blessure, le Prêtre Jean du royaume oriental caché, Frédéric II de Souabe selon la lecture gibeline d'Evola (cf. Il Mistero del Graal secondo Evola sect. IV).

2. Type Titanique (Âge du Bronze)

L'opposé dégradé du type olympique. Le guerrier pur qui se rebelle contre le souverain sacré, s'identifiant à sa propre virilité matérielle et l'utilisant contre l'esprit. Typique de la « descente dans l'Âge du Bronze ».

[VÉRIFIÉ] « Any insurgence of a wild and materialized virility against such spiritual forms characterizes the Bronze Age. This age is characterized by the degradation of the warriors' caste and by its revolt against him who represents the spirit. [...] The Bronze Age is also marked by the unleashing of the principle proper to the warriors' caste, namely, pride, violence, war. The corresponding myth is the Titanic or Luciferian revolt, or the Promethean attempt to steal the Olympian fire ». L'âge des « géants », ou du Loup, ou des « êtres élémentaires », est équivalent.

Les mythes correspondants : les Titans contre Zeus dans la mythologie grecque, Lucifer déchu dans la tradition chrétienne, Prométhée qui vole le feu, Adam qui mange le fruit défendu, les Géants antédiluviens de la Genèse. En tout cas : virilité détachée de l'esprit qui prétend se substituer à l'esprit.

3. Type Héroïque (voie médiane)

Le type intermédiaire — le guerrier qui reconnaît sa condition d'Âge du Bronze (non plus souverain sacré par nature), mais ne se rend pas à la dégradation titanique. Il cherche la réintégration olympique à travers une double condition :

[VÉRIFIÉ] « In order to implement a positive solution to the dilemma, that is, to attain an Olympian transformation as the reintegration of the primordial state, it is necessary to fulfill a double condition. First of all, it is necessary to show the proof and the confirmation of the virile qualification; thus in the epic and knightly symbolism we find a series of adventures, feats, and fights. This qualification should not become a limitation, a hubris, a closure of the "I", and it should not paralyze the capability of opening oneself up to a transcendent force, in function of which alone can the fire really become light and free itself. Second, such liberation should not signify a [...] ».

Les deux conditions évoliennes du type héroïque — la double épreuve du chevalier — sont :

  1. Prouver la qualification virile à travers aventures, exploits, batailles — le chevalier démontre qu'il n'est pas faible, lâche, évasif. Il a conquis sa propre virilité sous la forme du courage, de la persévérance, de la capacité d'affronter la mort, de la force physique et mentale. C'est là l'œuvre au noir de la voie chevaleresque : la nigredo du candidat qui se transforme en chevalier en prouvant qu'il survit aux épreuves
  2. S'ouvrir à une force transcendante sans que la qualification devienne hubris, fermeture du « moi », empêchement à l'ouverture. La force que le chevalier a conquise se transforme en lumière seulement s'il la remet à un principe supérieur. C'est là l'œuvre au blanc et au rouge de la voie chevaleresque : la transmutation du guerrier en Roi-initié

Point capital : la chevalerie est la voie historique du type héroïque. Le chevalier n'est pas un souverain sacré par naissance (type olympique — disponible seulement dans la tradition primordiale), n'est pas un guerrier sécularisé (type titanique — dégradé), il est le guerrier qui reconnaît sa propre condition et se met en chemin vers la réintégration olympique.

Types de héros dans la tradition :

  • Héraclès (grec) — figure paradigmatique pour Evola : guerrier qui, après les douze travaux (les épreuves de virilité) obtient Hébé (la jeunesse divine, figure de la partie transcendante) pour épouse et accède à l'Olympe
  • Roi Arthur (celtique) — souverain olympien blessé-dormant dont la restauration exige la Quête du Graal des chevaliers de la Table Ronde
  • Parsifal (germanique, Wolfram) — héros qui grandit dans l'innocence (der reine Tor, « le pur fou »), surmonte les épreuves, conquiert le Graal — figure complète du type héroïque
  • Galahad (christianisé, cycle breton tardif) — version chrétienne de Parsifal, héros « pur » qui voit le Graal
  • Cuchulainn (irlandais) — héros celtique archaïque
  • Siegfried (germanique, Saga des Nibelungen) — héros de la ligne dragon-trésor-traîtrise
  • Dietrich von Bern (germanique) — figure de Théodoric roi des Ostrogoths, héros du cycle nibelungique

III. La Femme du chevalier

[VÉRIFIÉ] Point développé par Evola dans le Mistero del Graal (chap. 6 « On the "Hero" and the "Woman" »). La femme du chevalier — la dame, l'aimée, l'épouse promise — n'est pas une figure sentimentale ni un personnage biographique. Elle est la figuration extérieure de la partie transcendante du chevalier lui-même, sa « force de destin » et de victoire.

[VÉRIFIÉ] « Hebe, the Olympian youth, was given in marriage to Heracles as a wife. In Egyptian figurations, divine women offer to the kings a lotus, which is a symbol of a rebirth and the "key of life." Like the Iranian fravashi, the Nordic Valkyrie are a figuration of transcendental parts of warriors, the forces of their destinies and victories. The Roman tradition knew of a Venus Victrix who was credited with generating an imperial stock (Venus Genitrix); the Celtic tradition mentioned supernatural women who take warriors to mysterious islands to make them [immortal] ».

La femme du chevalier apparaît dans toutes les traditions initiatiques :

  • Hébé — épouse olympienne d'Héraclès après l'apothéose
  • Fravashi — dans la tradition iranienne ancienne, partie transcendante de l'individu guerrier, sa « matrice céleste »
  • Valkyries — dans la tradition nordique, figures féminines qui choisissent les guerriers tombés pour les conduire au Valhalla
  • Venus Victrix / Venus Genitrix — dans la tradition romaine, figure impériale de la victoire et de la génération de lignées royales
  • Femmes celtiques des îles mystérieuses — Morgane, la Dame du Lac, Niniane — qui emportent le guerrier vers Avalon
  • Béatrice / Pargoletta / Selvaggia / Donna Unica des Fidèles d'Amour — voir I Fedeli dAmore pour le traitement complet
  • Isis / Myriam / Sophia — figures mario-isiaques de la tradition magnéto-hermétique italienne (cfr. Kremmerz e Ordine Osirideo Egizio)

Point opératif : la dame du chevalier n'est pas une femme biographique. C'est sa propre partie lumineuse qui attend la réunion — le rebis hermétique, l'androgyne alchimique (cfr. Evola e Reghini e la Tradizione Ermetica sect. III). La « conquête » de la dame par le chevalier est la coniunctio finale de l'œuvre au rouge. Cecco d'Ascoli (Fidèles d'Amour) : « Dunque io sono Ella » — formulation explicite de la convergence finale entre chevalier et dame (= entre initié et sa propre partie transcendante).

[VÉRIFIÉ] Evola souligne aussi le danger de la dame : « [when the woman's possession means] danger that a heroic adventure can lead to a titanic fall. In this case, the woman represents the seductiveness of transcendent power and knowledge when its possession means [violation of the order] ». Le chevalier qui conquiert la dame de la mauvaise manière (avec violence, avec hubris, hors du dessein initiatique) tombe dans l'hybris titanique au lieu de réaliser la transformation olympienne.

Point opératif important pour l'École : le rapport avec la femme dans la tradition chevaleresque est opération initiatique rigoureuse, non libéralité romantique. La dame doit être reconnue (non confondue avec la femme ordinaire), honorée (non séduite), servie (non possédée), conquise (à travers ses propres épreuves, non à travers la soumission d'elle).

IV. Les cycles chevaleresques : symboles opératifs

La tradition chevaleresque produit, entre le XIIe et le XIVe siècle, une vaste littérature initiatique qui — comme l'ont montré Reghini et les Fedeli d'Amore (cfr. I Fedeli dAmore sez. II-III) — doit être lue comme un texte chiffré d'une école initiatique vivante, non comme une littérature courtoise au sens moderne.

Cycle arthurien-breton

Le cycle arthurien (Roi Arthur, Chevaliers de la Table Ronde, Quête du Graal, Lancelot, Galahad, Perceval, Gauvain, Mordred) constitue la matrice la plus complète de la chevalerie initiatique occidentale. Centres opératifs :

  • Roi Arthur — souverain olympique blessé-dormant en Avalon, en attente de restauration. Figure du type olympique déchu qui exige la Quête de ses chevaliers pour qu'ils le restaurent. Cfr. Il Mistero del Graal secondo Evola sez. IV (Arthur dans la série initiatique avec Frédéric II, Prêtre Jean, Veltro dantesque)
  • Table Ronde — figure géométrique de la Loge initiatique : 12 (ou 24, 50, 150 selon les rédactions) chevaliers autour d'Arthur qui partagent un état commun. Convergent avec Le Catene Magnetiche di Loggia comme antécédent arthurien de la chaîne de loge maçonnique
  • Quête du Graal — opération initiatique pour ramener la souveraineté sacrée. Les chevaliers qui sortent de la cour et traversent la Forêt Aventureuse (figure du plan astral, de la dimension d'épreuve) pour arriver au Château du Roi Pêcheur
  • Roi Pêcheur (Roi Pêcheur) — l'unique personnage qui connaît le Graal mais est blessé (blessure inguinale = stérilité du royaume = décadence de l'Âge). Seul le chevalier pur qui pose la juste question le guérit
  • « La juste question » — dans le Perceval de Chrétien le chevalier doit demander : «A chi serve il Graal?». La question est opération initiatique : reconnaître que le Graal sert (= a un destinataire, une fonction cosmique), non est(objet-fétiche en soi). Erreur de Perceval : ne pas demander quand il voit le Graal la première fois. Conséquence : le royaume reste stérile

Cycle carolingien (Chanson de Roland, Roland)

Le cycle carolingien — Roland, Renaud, Olivier, Ganelon — est moins initiatique que le breton (plus historico-héroïque-religieux), mais conserve des éléments :

  • Roland paladin de Charlemagne — héros qui meurt solitaire à Roncevaux, figure du sacrifice du guerrier pour la cause impériale
  • Durendal — l'épée sacrée de Roland, objet consacré qui l'identifie comme chevalier-initié
  • Olifant — le cor qui appelle l'empereur, parole du chevalier au souverain céleste

À la Renaissance le cycle carolingien est réélaboré en clé initiatique par l'Arioste (Orlando furioso 1516-1532) et le Tasse (Gerusalemme liberata 1581) — tous deux dans des milieux italiens aux accents hermétiques explicites. Dans lOrlando furioso la folie de Roland pour Angélique est lecture symbolique du guerrier qui tombe dans l'hybris titanique devant la dame.

Cycle niebelungique (germanique)

Le cycle germanique — Siegfried, Brunhilde, les Nibelungen, Dietrich von Bern — est le plus tragique des trois cycles majeurs. Siegfried obtient le trésor et la dame, mais il est trahi et tué. Lecture initiatique : le chevalier qui n'intègre pas correctement sa conquête — son succès devient occasion de trahison et de ruine de tout le royaume.

L'œuvre majeure tardive — l'Anneau du Nibelung de Richard Wagner (1848-1874) — est relecture initiatique explicite du matériau germanique au XIXe siècle. Wagner intègre aussi Parsifal (1882) avec des éléments templiers-rosicruciens qui attirent l'attention de Nietzsche (positive jusqu'en 1872, polémique ensuite). Cfr. Neo-Chevalerie nel XIX secolo pour le contexte.

V. Les Templiers comme chevalerie initiatique organisée

Axe important pour le cluster : les Chevaliers Templiers (Ordre du Temple, fondé à Jérusalem en 1118, supprimé en 1314 par Philippe le Bel avec la complicité de Clément V) sont la chevalerie initiatique organisée de la tradition chrétienne médiévale.

Points opératoires (cf. Stretta Osservanza Templare pour le traitement historique complet) :

  • Double structure — externe (ordre militaro-religieux au service du Roi de Jérusalem puis de la Papauté) + interne (école initiatique avec des symboles, une ritualité et une chaîne de transmission)
  • Richesse matérielle — les Templiers deviennent les premiers banquiers internationaux européens. La richesse de l'Ordre est un élément opératoire (elle permet la subsistance, les croisades, les commanderies, les constructions) mais aussi cause de la suppression (Philippe le Bel les supprime pour s'approprier leur trésor)
  • Architecture — les Templiers construisent des églises rondes (Temple de Londres, Temple de Paris, etc.) à l'imitation du Temple de Jérusalem. La rotondité est figure de la perfection, de la Table Ronde, de la chaîne de loge
  • Connexion avec le Graal — [VÉRIFIÉ] Wolfram place explicitement les « Templeisen » comme gardiens du Graal dans le Parzifal : « sie lebent von einem steine », ils vivent d'une pierre (le Graal lui-même comme « pierre de lumière »). Cf. Il Mistero del Graal secondo Evola sect. VI sur l'identité Templiers-Graal-Gibelinsme
  • Hidden continuity — la suppression de 1314 ne ferme pas la tradition : les survivants se réfugient de diverses manières (en Écosse selon une légende, dans d'autres ordres selon d'autres versions). La Stretta Osservanza Templare du XVIIIe siècle de von Hund (1751) et d'autres Loges revendiquent une chaîne de transmission ininterrompue depuis les Templiers de 1314

VI. Dante et les Fidèles d'Amour comme chevalerie spirituelle

Point cardinal documenté par Reghini et Evola (cf. I Fedeli d'Amore sect. III et VII) : les Fidèles d'Amour des XIIIe-XIVe siècles italo-provençal-belge sont une forme de chevalerie spirituelle bien que non militaire. Le chevalier des Fidèles ne porte plus d'armes mais porte la plume comme instrument d'initiation chiffrée.

[VÉRIFIÉ] Le chap. 26 du Mistero del Graal est intitulé explicitement « Dante and the Love's Lieges as a Ghibelline Militia » — Dante et les Fidèles d'Amour sont une « milice gibeline » au sens littéral : une organisation chevaleresque secrète qui poursuit la chevalerie templière-graalique après sa suppression de 1314 (la répression des Templiers est contemporaine de la composition de la Commedia et des textes des Fidèles — Dante dans ses cantiques frappe Philippe le Bel comme responsable de la suppression).

La chevalerie spirituelle des Fidèles :

  • L'arme est la parole chiffrée (poésie stilnoviste lue comme code)
  • Le seigneur est l'Empereur idéal (programme gibelin) ou le Christ cosmocrator (programme théologique)
  • La dame est la Sagesse divine (Béatrice, Pistis Sophia, Dame Unique)
  • Les entreprises sont les ascensions chiffrées dans la Commedia, les événements-seuils internes décrits comme des rencontres réelles

VII. L'épée comme symbole opératoire

Point transversal pour le cluster : l'épée est l'objet symbolico-opératoire principal de la chevalerie initiatique. Elle n'est pas seulement une arme — elle est sceau du chevalier, rappel constant de sa condition, instrument d'épreuve.

Aspects :

  • L'épée dans la pierre (Excalibur arthurienne) — seul le Roi légitime peut l'extraire. Figure initiatique de la vérification qui reconnaît le chevalier pur
  • L'épée issue de la pierre qui vient du ciel (cycle du Graal) — l'épée comme don de l'En-Haut, non comme fabrication humaine
  • L'épée brisée à reforger (Narsil/Andúril, présent dans diverses traditions) — figure du chevalier qui reforge la royauté brisée. L'épée se reforgera quand le chevalier est prêt
  • Durendal de Roland — épée sacrée que le chevalier ne peut séparer de lui
  • L'épée nue du Maître dans les rituels maçonniques des XVIIIe-XIXe siècles — l'épée présente sans être utilisée dans les travaux de loge (cf. Le Catene Magnetiche di Loggia)

Point technique : l'épée est figure de la volonté discriminante du chevalier. Volonté qui tranche (non au sens de violence mais de nette séparation entre le vrai et le faux, l'essentiel et l'accessoire), qui protège (le Roi, la dame, le royaume), qui consacre (le jeune en chevalier par l'adoubement, le nouvel initié par le Maître).

VIII. La chevalerie dans les rites égyptiens maçonniques

La chevalerie initiatique est un élément central du Rite Égyptien du XVIIIe-XIXe siècle, en particulier :

L'investiture du chevalier — colée (coup de l'épée plate sur l'épaule) — est un véritable rituel initiatique dans les hautes loges : transmission du fluide magnétique du Maître au néophyte à travers l'épée comme conducteur (cf. Alchimia e Magnetismo sect. XII.2 sur les fluides vitaux dans les volumes UR/KRUR).

IX. Chevalerie et Éveil : le rubedo chevaleresque

Point cardinal qui relie cette page au thème-axe du cluster (Il Risveglio) :

La chevalerie est l'une des formes opératives du rubedo — l'œuvre au rouge en armes. Le chevalier accompli est l'homme présent dans l'action : non un ascète retiré du monde, non un mystique dissous dans la contemplation passive, mais un homme qui œuvre dans le monde en restant éveillé.

La voie chevaleresque est particulièrement significative pour le cluster parce que :

  1. Elle intègre action et contemplation — le chevalier n'est ni le moine ni le mage. Il combat, gouverne, aime, construit — mais conscient, présent, initié. Elle résout le faux dualisme « action-contemplation » qui est l'une des maladies de la spiritualité dégénérée
  2. Elle conserve la dimension virile — point important pour Evola : l'initiation ne désarme pas la virilité (erreur de la voie lunaire, de la religiosité passive, de la piété dévotionnelle féminisante) — elle la réalise dans sa forme la plus haute. Le Roi-chevalier est viril, au sens plein du terme
  3. Elle travaille avec le corps — contrairement à Wolinsky (cf. Wolinsky e la deconcettualizzazione sect. II), la voie chevaleresque est éminemment corporelle. Le chevalier s'entraîne (armes, équitation, endurance), se discipline (alimentation, sommeil, règle), s'expose aux épreuves (batailles, voyages, pèlerinages). Le corps n'est pas seulement l'athanor de la transmutation : il est l'instrument de l'action initiatique dans le monde
  4. Elle s'intègre à la chevalerie spirituelle — les Fidèles d'Amour (chevalerie de la parole), les Templiers (chevalerie de l'Ordre), le cycle du Graal (chevalerie mythique de la Quête) sont trois extensions de la même voie. L'École Paret-ISI-CNV opère principalement dans la voie hermético-magnétique kremmerzienne mais reconnaît dans la chevalerie spirituelle un modèle opératif de référence

Le chevalier réalisé n'est pas le guerrier de l'Âge du Bronze (titanique). Il n'est pas le saint monastique (lunaire-passif, selon le diagnostic évolien). Il n'est pas le philosophe abstrait (intellectuel détaché de la vie). Il est l'homme au rouge en armes — l'initié qui agit dans le monde en restant éveillé et conscient que la royauté qu'il exerce n'est pas sienne individuellement mais est royauté de la Conscience universelle qui opère à travers lui.

X. Pratique vivante dans l'École

Section déclarée : pratique vive de l'École Paret (ISI-CNV).

L'École reconnaît la tradition chevaleresque comme l'un des principaux modèles opératifs de la voie initiatique occidentale. Bien qu'elle ne soit pas un ordre chevaleresque (l'École est hermético-magnétique dans la lignée kremmerzienne), elle intègre des éléments chevaleresques dans sa propre pratique :

  1. Le principe de la double condition évolienne — l'élève est invité à (a) prouver sa propre qualification (responsabilités assumées et maintenues, vie organisée, maîtrise de ses propres états, capacité d'affronter ses propres faiblesses) + (b) s'ouvrir à une force transcendante (ne pas s'identifier à sa propre force personnelle, reconnaître que la conscience qui opère est universelle)
  2. Le rapport à la Dame — reconnaissance de la partie lumineuse intérieure comme sa propre Dame (Isis-Myriam-Béatrice dans les différentes formulations). La pratique rejette tant le donjuanisme (consommation des femmes comme objets) que le piétisme lunaire (soumission passive à la femme comme mère divine). La Dame est sa propre partie transcendante qui exige honneur et service, non culte ni conquête
  3. L'épée intérieure — l'élève cultive la volonté discriminante comme instrument de travail : dire clairement oui ou non, distinguer le vrai du faux, trancher ce qui ne sert pas, protéger ce qui est essentiel
  4. L'intégration corps + action — la pratique de l'École n'est pas seulement méditative : elle inclut l'entraînement physique, la discipline du corps, l'exposition au monde, l'action opérative (cfr. l'Avviamento alla Magia de Kremmerz dans Alchimia e Magnetismo sect. XII.3)
  5. La voie de l'homme au rouge en armes — l'orientation de fond : réaliser le rubedo

Cette page fait partie du Wiki de la Méthode Paret, l'ensemble de recherches sur le mesmérisme, la fascination et l'hypnose non verbale dirigé par le Dr Marco Paret, créateur de la méthode Mesmerismus®. La pratique s'apprend dans les séminaires de l'École du Dr Marco Paret : www.marcoparet.com.